Le tiroir du bas fermé à clé

Dessins érotiques d'Imago et autres trucs bandants.

31 octobre 2008

L'HOMME DE PIERRE (suite et fin )

Stoned

Frustrée d’avoir dû interrompre mon récit - et plus légère de 70 euros, je marche un peu au hasard, regardant sans les voir les vitrines des boutiques, toute absorbée que je suis par mes pensées. Dans celle de la charcuterie un joyeux cochon de faïence blanche me nargue. C’est en contemplant mon reflet inexpressif au milieu des saucisses et des tripailles pendues à leur crocs d’acier, que m’apparaît l’anormalité de mon comportement. Serai-je en train de devenir folle ? Mais non, tu vas réagir ma fille !… Le temps d'un battement de cils, le reflet de Dave est venu s'arrimer au mien. Comment a-t-il pu me rejoindre sans que je le vois arriver dans la glace ? c'est une question que je ne songe même pas à me poser tant avec lui tout échappe aux règles de la réalité ordinaire et, semble-t-il, celles aussi de la physique !…. Pas plus ne cherché-je à expliquer comment nous nous retrouvons dans cette chambre d'hôtel - non seulement comment nous y sommes arrivés, mais comment j'ai pu accepter de l'y suivre si facilement-  et comment, moi si farouche, je me trouve à moitié nue sur ce lit à la courte-pointe douteuse ? Pour l’ambiance j’hésiterai entre l’Hôtel du Nord ou un tableau de Edward Hopper : d’une froide banalité.

Entendons nous bien : si mon éducation et mes principes me font mépriser les amours faciles et m'interdisent d'aller me vautrer avec le premier bellâtre venu, je ne suis pas exactement ce qu'on appelle une "oie blanche". J'ai pris mon premier amant, quand j'avais presque 16 ans sans baisser les paupières  chantait Marie Laforêt. Moi c’est à dix-huit ans, je m'étais fait un devoir de régler ce que j'appelais alors "la question de la virginité". En bonne disciple de Simone de Beauvoir j'avais choisi où, quand, et avec qui, le rite de passage s’effectuerait. Une « surboum », comme on disait à l’époque, hors de mes cercles habituels – anonymat oblige – fut l’occasion ; le mâle recruté sur place, jeune homme bien de sa personne, propre sur lui, fournit la prestation demandée avec tact et discrétion, sans protester contre le fait que je veuille rester dans l’obscurité, poussant le savoir vivre jusqu’à ne pas insister plus qu’il ne seyait pour me revoir. Prestation minimum donc. Ça n’était donc que ça ?… Je me souviens, refoulant une frustration confuse, m’être sentie très fière de me trouver capable du recul nécessaire, si solide et en pleine commande de ma vie de femme moderne. Une formalité, un non-événement, comme le passage du permis de conduire où le premier vote !

Est ce donc moi, cette viande écartelée, offerte, ouverte, se résumant en un manque déchirant, effrayant vide demandant à être comblé. Si la satisfaction est à la hauteur de cette délicieuse souffrance je n’y survivrait pas. A contre-jour, la silhouette penchée de Dave me paraît n’être que son ombre, lui restant irrémédiablement absent.
Mais présent -  ô combien !éclairé par un rayon de lune ( à moins que ce ne soit par la lumière froide de l’enseigne « HOTEL »)  est ce sexe en quoi il semble se résumer. Je l’effleure, le palpe, le soupèse ; en éprouve la souplesse, la rigidité, la douceur, la chaleur ; ma langue l’ explore, le lèche, le pourlèche, s’enroule, suit le cheminement des veines, devient indiscrète, s’attarde sur le frein; elles emprisonnent le gland, le sucent, le titillent, le tètent, devenue dévoreuses veulent l’engloutir tout entier, jusqu’à la nausée, au haut-le-cœur. J’en décline les noms, tous ces noms que ma belle éducation m’a toujours interdit de
prononcer : queue, vît, pine, bite, braquemart, je sombre dans une délicieuse ignominie. Un fil invisible me relie à l’adolescente perdue en contemplation devant la statue du Roi David. Il vit à présent dressé en moi, palpite. Empalée sur la divine colonne je m’envole vers des contrées inconnues, vers l’indicible… Je suis partie...

Toute ascension comporte sa descente ; la plénitude annonce le manque. Je ne suis plus qu’une femme comblée, et inquiète… amoureuse . « Les filles c’est vraiment n’importe quoi » entend-je ricaner mon frère. Je sais bien qu’il a raison ce connard ; mais qu’importe. C’est plus fort que moi, alors que je le sens toujours palpiter en mon antre, je l’attire contre moi dans une relation plus fusionnelle. Il me semble qu’enfin il s’abandonne. C’est donc ça le bonheur ? Son visage se rapproche du mien ; son visage ? je devrais plutôt dire ses ray-ban !… Il n’y a rien à faire, amoureuse ou pas, elles m’horripilent ces foutues lunettes. « Tu ne vas pas t’en tirer comme cela mon gaillard ! » Mutine, enhardie par cette nouvelle intimité, ce semblant d’abandon, profitant traîtreusement de ce qu’en appuie sur ses avant-bras il ne pourra se défendre, je tends brusquement la main et ôte d’un seul coup cette dernière barrière.

En instant ma vie bascule dans l’horreur. M’attendant à quelque chose de peut-être pénible, c’est avec beaucoup d’amour et d’humanité que j’accomplis cette effraction. Mais ce que je découvre n’a rien d’humain. Des yeux sans regard, comparables à ceux des poissons morts sur l’étal des marchés ( et encore cela gardaient-ils en eux le souvenir de la vie ), des yeux de marbre,  plutôt.

Nnnnon !… la plainte déchirante s’est éteinte, comme gelée, aux bord de ses lèvres pétrifiées. Le tiède colonne de chair qui me traversait si délicieusement et palpitait en moi s’est instantanément changée un objet rigide d’une froideur de mort dont je m’arrache dans un hurlement d’épouvante. Comment ai-je pu ramasser mes habits, m’enfuir toujours hurlante et nue sur le pallier ?. Je ne m’en souviens pas. Je ne me souviens de rien.

On m’a raconté que des passants me trouvèrent et errante à l’autre bout de la ville au terminus de la ligne d’autobus, hagarde, frappée d’amnésie. C’est en fouillant mes papiers que la police de quartier a trouvé mon adresse et put prévenir ma famille. Je compris vite, alors que la mémoire me revenait par bribes, que ce souvenir là il me fallait l’oublier sous peine de trop bien rentrer dans les catégories où la psychiatrie moderne a décidé de nous ranger. Hallucinations… Cela me fut d’autant plus aisée qu’on m’assurait que « la lumière était au bout du tunnel , que j’avais fait des progrès, que bientôt je serais rendue à l’affection des miens » . Bien sûr il faudrait être prudente, me ménager, mais avec le temps, n’est-ce pas…

Décrêtée "guérie"  j’en arrivais à me convaincre que toute cette histoire je l’avais rêvée et finit par l’oublier, comme on oublie ses rêves ou une mauvaise maladie ; jusqu’au jour où…


Il arrive que l’administration des poste retrouvant une lettre égarée depuis dix, vingt, cinquante ans, se fasse un devoir et une gloire de la faire porter à son destinataire.

Mercure, vieux farceur, quel dieu t’a ordonné de me conduire par un fil invisible à ce vide-grenier dominical ; moi qui ai horreur des vide-greniers ?

La coupure de presse fanée, découpée il y a longtemps par un collectionneur de fait divers insolites, m’attendait au sommet d’une pile de vieux papiers. C’est le titre qui attira mon regard : « L’HOMME DE PIERRE ». On pouvait y lire ceci :

Madame Rodriguez, femme de chambre à l’HOTEL M…. n’en est pas encore remise de sa peur. Alors qu’hier elle entrait dans une chambre du 1er étage pour refaire le lit, elle crut mourir de saisissement, en découvrant dans celui-ci, une statue de marbre d’un homme nu « comme on en voit dans les musées » déclara-t-elle. Fait remarquable, cette statue était dépourvue de socle, plus étonnant encore son sexe en érection - disposition rare avec ce genre de statue - était brisé. La police se déclare très perplexe quant à la signification de cette mise en scène. La thèse du canular étant écartée, elle privilégie l’hypothèse d’un acte rituel ; mais sans pouvoir le rattacher à quelque pratique connue... Le portier de l’hôtel ne comprend pas comment une statue pesant près de 250 kilos à pu arriver là s’en qu’il s’en aperçoive. Il ne garde qu’un souvenir vague des occupants de la chambre - un couple. Tout se dont il se souvient c’est que, malgré le faible éclairement du local, l’homme portait des lunettes de soleil du genre Ray-Ban…

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28 octobre 2008

Rencontre Titanesque

Cauchemar de Gicerilla.

titan_2Subitement, un craquement. Elle se lève brusquement, se plaque contre le tronc de l'arbre le plus proche, aux aguets comme une biche acculée. Un sanglier ? Oh, non, pas ça ! L'ouïe tendue saisissant le moindre souffle. Ca craque, des pas. Ça avance vers elle. La nuit qui tombe assombrit les alentours. Devant elle l'ombre s'étend. Une silhouette gigantesque englobe dans son ombre les arbres autour d'elle.

cliquez l'image pour lire la suite ( 25 octobre)

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23 octobre 2008

L'homme de pierre (1)

Voici venu le temps de clore le concours. Décidément, mon dessin ne vous inspirait pas, les filles !... Quelques suggestions, des déclarations d'intention, des emploi du temps chargés... Rien au bout du compte. Je me suis donc décidé à l'écrire moi même cette foutue histoire ; et en deux épisodes s'il vous plait ! Mais c'est difficile d'écrire avec un pinceau. J'espère donc beaucoup d'indulgence.


david_4« Les fille c’est VRAIMENT n’importe quoi ! »

Surgi par derrière, je ne sais d’où – moi qui m’espérais anonyme dans ce quartier ignoré de la capitale ! , Yann avait murmuré, pour être entendu de moi seule, ce narquois reproche accompagné d’une bourrade et d'une tentative de pincement de ma fesse gauche qui heureusement bien ferme et bien tendue ne se laisse pas pincer aussi facilement.
Marchant à mes cotés, me tenant par l’épaule Dave, lui, ne s’était aperçu de rien, n’avait rien entendu. Toujours si lointain…

- Yann ?…

- Oui, Yann… mon grand frère. Je ne vous ai jamais parlé de lui ?...

- … ?

- Mon compagnon de jeu, plus tard mon confident. Combien de soirées - de nuits ! – avons nous passées à s’interroger sur le sens de la vie, refaire le monde, nous dire nos rêves d’adolescents gâtés – hum, chez nous c’était plus les « Duquesnoy » que les « Groseille ». Evidemment je rencontrerai le grand amour : un homme fort et distingué, qui saurait m’aimer, me comprendre, me protéger tout en respectant mon indépendance. Car je serai une femme libre et autonome, bien sûr ; une Marie Curie, une Simone de Beauvoir ou, pourquoi pas, une infirmière dans un pays exotique, faisant l’abandon de ma précieuse et jolie personne à quelque Docteur Schweitzer voué au soin des lépreux ( à tout prendre je l’imaginais plutôt sous les traits de Robert Redford, ce bon docteur !). Bref une existence riche et édifiante telle que notre milieu et notre éducation soignée nous autorisait à l’espérer.

Invariablement je me heurtais à l’impitoyable ironie de Yann qui affichait lui un parfait cynisme et, du haut de ses seize ans prétendait tout connaître de la vie : « Arrête de te la jouer. Tu feras comme les autres. Vous êtes toutes pareilles les filles !... Pour peu qu’arrive un bel italien avec de beaux yeux et de jolies dents, vous oubliez vos rêves de jeune-filles et êtes prêtes à succomber au premier quidam qui vous parlera d’amour. Les filles c’est n’importe quoi !
Bien sûr, je n’en croyais rien ; je me disais que malgré son jeune âge, il avait certainement rencontrer une garce qui l’avait souffrir ( sous ses airs d’affranchi il cachait un cœur d’artichaut ; sûr…) enfin bref que cela ne m’arriverait jamais. Généralement la discussion se terminait par une bagarre où j'enrageais de ne pas avoir le dessus.

Et voilà qu’il venait de me surprendre dans un quartier où nous n'allions  jamais, au bras d’un mâle répondant parfaitement à l’archétype du bel hidalgo tombeur de petites oies blanches, auquel il me disait irrémédiablement destinée … et avec de surcroît des ray-ban.

- Des ray-ban ?

- Ou une autre marque, je ne sais pas… Oui, Dave en porte en permanence ; il ne les enlève jamais. Ça m’énerve, ça fait mauvais genre. Il pourrait me faire confiance... il doit avoir quelque chose aux yeux, une exophtalmie peut-être ? ou un truc comme Polnaref . J’ai essayé de lui en parler ; l’autre jour j’ai même esquissé un mouvement pour les lui ôter. Sans dire un mot, sans geste brusque il m’a fait comprendre que je ne devais pas insister. C’est difficile à expliquer… d’une façon qui ma glacée.

- Comment l’avez-vous rencontré ce Dave ?

- Je ne sais pas, je ne me souviens pas.

- Comment ça vous ne vous souvenez pas !?...

- Non, c’est vrai, je ne me souviens pas. A un moment il a été là, c’est tout. Je sais, ça peut paraître étrange, mais c'est ainsi. Ça se passe toujours comme cela. Je ne le vois jamais, ni ne le sens, arriver : d’un seul coup il est là... et moi je n’y suis plus.

- … ?

- Je veux dire… je ne suis plus moi-même. Ma belle éducation, mes grands principes, plus rien n’existe ; seulement un besoin animal d’être possédée par lui. Moi si prude je me surprends
... Je vais vous choquer Mon Père…

- Pardon ?…

- Oh, excusez moi, je voulais dire « Docteur » ; enfin je ne sais pas comment je dois vous appeler…

-

- oui j’ai honte. Figurez vous que je suis comme fascinée par la contemplation de son … je ne sais pas comment dire ça, enfin de sa braguette. Ou plus précisément de ce qu’on appelle vulgairement son « gros paquet ». david_5

Il porte habituellement un blazer bleu marine, sur un jean, un genre 501. Je n’arrive pas à en détacher mon regard du renflement de sa braguette et…

- … ?

- je sais que c’est incroyable, mais je n’en ai jamais vraiment vu, enfin je veux dire : un homme nu. Ça me paraît quelque chose de terrifiant mais aussi irrésistiblement attirant.

- Qu’est-ce que cela évoque pour vous ?…

-

- le Vatican.

-  !? …

- enfin je veux dire, le voyage à Rome que nous avions fait après le brevet… avec les sœurs… nous visitions le Vatican. J’étais tombé en arrêt devant cette statue colossale… David.

Dave_13J’entends encore les gloussements de mes copines, et Sœur Marie-Machin prenant l’air détaché de la bonne pédagogue - et pourtant bien fébrile : « Allons mes filles, vous êtes grandes maintenant ; ne vous comportez pas comme des gamines… c’est de l’art voyons, Michel Ange était un génie ; admirez ce modelé. Elle semblait beaucoup l’admirer « ce modelé » Sœur Marie-Machin, et pas trop pressée tout de mêle de passer à la salle suivante. Et les filles pas dupes, de la taquiner : « Il faut continuer la visite, ma sœur, nous allons être en retard pour les vêpres » Pour moi l’impression était si grande que traînant en queue du groupe, je me laissai distancer et revenait m’abîmer dans la contemplation de la statue, en proie à d’étranges pensées qui devaient alimenter pour longtemps mes rêves éveillés, des rêves ou le roi David m’ayant reconnue comme son élue, descendait de son socle et s’incarnait à mon usage exclusif. C’est au retour de Rome que je commençais à me caresser avec assiduité , et …
- Nous allons nous arrêter là pour aujourd'hui...


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15 octobre 2008

Estelle 2 octobre

P1010203_1Loin d'épuiser une matière on en doit prendre que la fleur.
Jean de la Fontaine

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06 octobre 2008

Vilain défaut

Une nouvelle histoire de Royale Libertine qui nous reviens très en forme. Hum, je n'ose pas imaginer ce qu'elle a fait pendant tout ce temps.

cliquez l'image

VilDef_0

Elle s’assit sur une chaise trouée en demandant l’usage de celle-ci. Elle s’attendait à une réponse logique : un toilette d’elle ne savait quel siècle. Mais sans lui répondre, il lui souleva la jupe .Attacha ses poignets et sorti de chaque coté de quoi déposer ses pieds. Il les posa dessus, écarta les étriers. Elle se retrouva cuisses ouvertes, fesses nues dans le trou. Il installa une petite roue entre ses jambes .Profita de la voir ainsi offerte et curieuse, pour caresser sa fente. Il lui signifia qu’il ne s’occupera pas d’elle aujourd’hui mais qu’il la regarderait jouir.



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03 octobre 2008

La femme des bédouins

Une intéressante réflexion de Gicérilla  sur la cellulite, où il est question d'une colonne de bédouins !

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sus_a_lorange

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